tige – parmi la forêt

avant d’être allée porter le manuscrit de ce qui allait devenir les chairs étranges chez l’éditeur, avant que le livre ne devienne un livre, et peut-être parce que le livre non encore advenu se porte – probablement – dans un terreau aussi particulier qu’impalpable, tige – parmi la forêt, son premier jet, sa timide et frêle tentative s’était exprimée.

elle s’était ex-primée sous la forme d’une image singulière, d’une image qui me regardait avec une rémanence presque obsessive. à force – je la trouvais bien obstinée – à force d’en être intérieurement dévisagée le jour, le soir, la nuit, en lisant, dans la baignoire, en faisant les courses, en parlant au téléphone… oui, exactement, elle m’a eue et totalement eue pendant une conversation téléphonique… (ce n’était d’abord qu’un gribouillis, un gribouillis au stylo…) mais à force et parce qu’elle insistait, elle a fini par prendre toute la page.

la voici:

«tirée de terre, tirée de sève, tirée par les cheveux»          C.G.

(image arrivée d’elle-même)

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